Les 7 dons du Saint Esprit

- Par le Pape François -

1 - Le don de Sagesse

"Voir avec les yeux de Dieu, entendre avec les oreilles de Dieu"

Chers frères et sœurs, bonjour !

Nous entamons aujourd’hui un cycle de catéchèse sur les dons de l’Esprit-Saint. Vous savez que l’Esprit-Saint est l’âme, la sève vitale de l’Église et de tout chrétien : c’est l’amour de Dieu qui fait de notre cœur sa demeure en entrant en communion avec nous. L’Esprit-Saint est toujours avec nous, il est toujours en nous, dans notre cœur.

L’Esprit-Saint est « le don de Dieu » par excellence (cf. Jn 4,10), un cadeau de Dieu et, à son tour, il communique divers dons spirituels à celui qui l’accueille. L’Église en distingue sept : un nombre qui exprime symboliquement la plénitude, la complétude ; on les apprend lorsqu’on se prépare au sacrement de la Confirmation et on les invoque dans l’antique prière que l’on appelle « Séquence à l’Esprit-Saint » : sagesse, intelligence, conseil, force, science, piété et crainte de Dieu.

1. Le premier don de l’Esprit-Saint, selon cette liste, est donc la sagesse. Mais il ne s’agit pas simplement de la sagesse humaine, fruit de la connaissance et de l’expérience. La Bible raconte que Salomon, au moment de son couronnement comme roi d’Israël, avait demandé le don de la sagesse (cf. 1 R 3,9). Et la sagesse est précisément ceci : c’est la grâce de pouvoir voir toute chose avec les yeux de Dieu. C’est simplement cela : voir le monde, voir les situations, les conjonctures, les problèmes, tout, avec les yeux de Dieu. Voilà la sagesse. Parfois nous voyons les choses selon ce qui nous plaît ou selon l’état de notre cœur, avec de l’amour ou avec de la haine, avec de l’envie… Non, ce n’est pas l’œil de Dieu. La sagesse, c’est ce que fait l’Esprit-Saint en nous afin que nous voyions toutes choses avec les yeux de Dieu. C’est cela, le don de la sagesse.

2. Évidemment, cela découle de l’intimité avec Dieu, de la relation intime que nous avons avec Dieu, de cette relation des enfants avec leur Père. Et l’Esprit-Saint, lorsque nous avons cette relation, nous fait le don de la sagesse. Lorsque nous sommes en communion avec le Seigneur, l’Esprit agit comme s'il transfigurait notre cœur et lui faisait percevoir toute sa chaleur et son amour de prédilection.

3. L’Esprit-Saint rend « sage » le chrétien. Pas dans le sens où il aurait réponse à tout, il saurait tout, mais dans le sens où il « connaît » Dieu, il sait comment Dieu agit, il sait quand quelque chose vient de Dieu ou quand ça ne vient pas de Dieu ; il a cette sagesse que Dieu donne à notre cœur. Dans ce sens, le cœur de l’homme sage a le goût de Dieu. Et comme il est important que, dans nos communautés, il y ait des chrétiens comme cela ! En eux, tout parle de Dieu et devient un beau signe vivant de sa présence et de son amour. Et c’est quelque chose que nous ne pouvons pas improviser, que nous ne pouvons pas nous procurer par nous-mêmes : c’est un don que Dieu fait à ceux qui se rendent dociles à son Esprit. Nous avons l’Esprit-Saint en nous, dans notre cœur ; nous pouvons l’écouter, nous pouvons ne pas l’écouter. Si nous écoutons l’Esprit-Saint, il nous enseigne cette voie de la sagesse, il nous offre la sagesse qui consiste à voir avec les yeux de Dieu, à entendre avec les oreilles de Dieu, à aimer avec le cœur de Dieu, à juger les choses avec le jugement de Dieu. C’est cela, la sagesse que nous offre l’Esprit-Saint, et nous pouvons tous l’avoir. Il faut seulement que nous la demandions à l’Esprit-Saint.

Pensez à une maman, dans sa maison, avec les enfants : quand l’un fait une chose, l’autre pense à une autre et la pauvre maman va d’un côté à l’autre, avec les problèmes des enfants. Et quand les mamans sont fatiguées et qu’elles grondent leurs enfants, est-ce que c’est la sagesse ? Gronder ses enfants, je vous le demande, est-ce que c’est la sagesse ? Qu’est-ce que vous en pensez ? Est-ce que c’est la sagesse ou non ? Non ! En revanche, quand la maman prend l’enfant et le corrige doucement et lui dit : « Ça, ça ne se fait pas… » et qu’elle lui explique avec beaucoup de patience, est-ce que c’est la sagesse de Dieu ? Oui ! C’est cela que l’Esprit-Saint nous donne dans la vie ! Ensuite, dans le mariage, par exemple, les deux époux – le mari et la femme – se disputent et après ils ne se regardent plus, ou s’ils se regardent, ils se regardent de travers : est-ce que c’est la sagesse de Dieu, cela ? Non ! En revanche, s’ils disent : « Bon, la tempête est passée, faisons la paix » et ils repartent dans la paix : est-ce que c’est la sagesse ? [- Oui !]. Et bien, c’est cela le don de la sagesse. Qu’elle vienne dans nos maisons, qu’elle vienne chez les enfants, qu’elle vienne chez chacun de nous !

Et cela ne s’apprend pas : c’est un cadeau de l’Esprit-Saint. C’est pour cela que nous devons demander au Seigneur de nous donner l’Esprit-Saint et de nous faire le don de la sagesse, cette sagesse de Dieu qui nous apprend à regarder avec les yeux de Dieu, à sentir avec le cœur de Dieu, à parler avec les mots de Dieu. Et ainsi, avec cette sagesse, nous avançons, nous construisons notre famille, nous construisons l’Église, et nous nous sanctifions tous. Demandons aujourd’hui la grâce de la sagesse. Et demandons-la à la Vierge Marie, qui est le Trône de la sagesse, de ce don : qu’elle nous donne cette grâce ! Merci.

2 - Le don d'Intelligence

"Comprendre les choses comme Dieu les comprend" : Catéchèse du pape François

Chers frères et sœurs, bonjour !

Après avoir examiné la sagesse, qui est le premier des sept dons du Saint-Esprit, aujourd’hui, je voudrais attirer notre attention sur le second don, à savoir l’intelligence. Il ne s’agit pas ici de l’intelligence humaine, de la capacité intellectuelle dont nous pouvons être plus ou moins dotés. C’est au contraire une grâce que seul l’Esprit Saint peut répandre et qui suscite chez le chrétien la capacité d’aller au-delà de l’aspect extérieur de la réalité et de scruter les profondeurs de la pensée de Dieu et de son dessein de salut.

Lorsqu’il s’adresse à la communauté de Corinthe, l’apôtre Paul décrit bien les effets de ce don – c’est-à-dire ce que fait en nous le don de l’intelligence – et Paul dit ceci : « nous annonçons ce que l’œil n’a pas vu, ce que l’oreille n’a pas entendu, ce qui n’est pas monté au cœur de l’homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l’aiment. Car c’est à nous que Dieu l’a révélé par l’Esprit » (I Co 2,9-10). Cela ne signifie évidemment pas qu’un chrétien peut tout comprendre et avoir une connaissance entière des desseins de Dieu : tout cela demeure dans l’attente de se manifester dans toute sa limpidité quand nous nous trouverons en présence de Dieu et que nous serons vraiment un avec lui. Mais, comme le suggère le mot lui-même, l’intelligence permet de « intuslegere », c’est-à-dire de « lire à l’intérieur » : ce don nous fait comprendre les choses comme Dieu les comprend, avec l’intelligence de Dieu. Parce qu’on peut comprendre une situation avec l’intelligence humaine, avec prudence, et c’est bien. Mais comprendre une situation en profondeur, comme Dieu la comprend, c'est l’effet de ce don. Et Jésus a voulu nous envoyer l’Esprit-Saint pour que nous ayons ce don, pour que nous puissions tous comprendre les choses telles que Dieu les comprend, avec l’intelligence de Dieu. C’est un beau cadeau que le Seigneur nous a fait à tous. C’est le don par lequel l’Esprit-Saint nous introduit dans l’intimité de Dieu et nous rend participants de son dessein d’amour pour nous.

Il est clair alors que le don de l’intelligence est étroitement lié à la foi. Quand l’Esprit-Saint habite notre cœur et illumine notre esprit, il nous fait grandir jour après jour dans la compréhension de ce que le Seigneur a dit et accompli. Jésus lui-même l’a dit à ses disciples : je vous enverrai l’Esprit-Saint et il vous fera comprendre tout ce que je vous ai enseigné. Comprendre les enseignements de Jésus, comprendre sa Parole, comprendre l’Évangile, comprendre la Parole de Dieu. On peut lire l’Évangile et comprendre quelque chose, mais si nous lisons l’Évangile avec ce don de l’Esprit-Saint, nous pouvons comprendre la profondeur des paroles de Dieu. Et c’est un grand don, un grand don que nous devons tous demander et demander ensemble : Fais-nous, Seigneur, le don de l’intelligence.

 

Il y a un épisode de l’Évangile de Luc qui exprime très bien la profondeur et la force de ce don. Après avoir assisté à la mort en croix et à la sépulture de Jésus, deux de ses disciples, déçus et accablés, quittent Jérusalem et retournent dans leur village qui s’appelle Emmaüs. Pendant qu’ils sont en chemin, Jésus ressuscité s’approche et commence à parler avec eux, mais leurs yeux, voilés par la tristesse et le désespoir, ne sont pas capables de le reconnaître. Jésus marche avec eux, mais ils sont si tristes et si désespérés qu’ils ne le reconnaissent pas. Mais quand le Seigneur leur explique les Écritures, afin qu’ils comprennent qu’il devait souffrir et mourir pour ensuite ressusciter, leur esprit s’ouvre et, dans leur cœur, l’espérance renaît (cf. Lc 24,13-27). Et c’est cela que l’Esprit-Saint fait avec nous : il nous ouvre l’esprit, il nous ouvre pour que nous comprenions mieux, pour que nous comprenions mieux les choses de Dieu, les choses humaines, les situations, tout. Le don de l’intelligence est important pour notre vie chrétienne. Demandons-le au Seigneur, qu’il nous donne, qu’il donne à chacun de nous ce don pour que nous comprenions, comme il le comprend, ce qui arrive et surtout pour que nous comprenions la parole de Dieu dans l’Évangile. Merci.

 

3 - Le don de Conseil

Prier en silence dans le bus, dans la rue : "Seigneur, conseille-moi" : Catéchèse sur le don de conseil, 7 mai 2014

Chers frères et sœurs, bonjour !

Dans la lecture de ce passage du livre des Psaumes, nous avons entendu ceci : « Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m'avertit. » (Ps. 16,7). Et c’est un autre don de l’Esprit-Saint : le don de conseil. Nous savons combien il est important, surtout dans les moments plus délicats, de pouvoir compter sur les suggestions de personnes sages et qui nous aiment. Maintenant, à travers le don de conseil, c’est Dieu lui-même, par son Esprit, qui éclaire notre cœur en nous faisant comprendre la manière juste de parler et de nous comporter et la voie à suivre. Comment ce don agit-il en nous ?

1. Lorsque nous l’accueillons et le recevons dans notre cœur, l’Esprit-Saint commence aussitôt à nous rendre sensibles à sa voix et à orienter nos pensées, nos sentiments et nos intentions selon le cœur de Dieu. En même temps, il nous pousse de plus en plus à tourner notre regard intérieur vers Jésus, modèle de notre manière d’agir et d’être en relation avec Dieu le Père et avec nos frères. Le conseil est donc le don par lequel l’Esprit-Saint rend notre conscience capable de faire un choix concret en communion avec Dieu, selon la logique de Jésus et de son Évangile. De cette façon, l’Esprit nous fait grandir intérieurement, il nous fait grandir positivement, il nous fait grandir dans la communauté et nous aide à ne pas être à la merci de notre égoïsme et de nos façons de voir. Ainsi, l’Esprit nous aide à grandir et à vivre en communauté. La condition essentielle, pour conserver ce don, est la prière. Nous revenons toujours au même thème : la prière ! Mais c’est tellement important, la prière. Prier avec les prières que nous savons depuis notre enfance, mais aussi prier avec nos propres mots. Prier le Seigneur : « Seigneur, aide-moi, conseille-moi, que dois-je faire maintenant ? ». Et nous devons tous le faire. La prière ! Ne jamais oublier la prière. Jamais ! Personne, personne ne s’en aperçoit quand nous prions dans le bus, dans la rue : prions en silence, dans notre cœur. Profitons de ces moments pour prier : prier pour que l’Esprit nous donne le don de conseil.

2. Dans l’intimité avec Dieu et dans l’écoute de sa Parole, petit à petit nous mettons de côté notre logique personnelle, dictée le plus souvent par nos fermetures, nos préjugés et nos ambitions, et nous apprenons au contraire à demander au Seigneur : Quel est ton désir ? Quelle est ta volonté ? Qu’est-ce qui te plaît ? Ainsi, mûrit en nous une syntonie profonde, presque naturelle dans l’Esprit et l’on expérimente la vérité des paroles de Jésus rapportées dans l’Évangile de Matthieu : « Ne cherchez pas avec inquiétude comment parler ou que dire : ce que vous aurez à dire vous sera donné sur le moment, car ce n’est pas vous qui parlerez, mais l’Esprit de votre Père qui parlera en vous » (Mt 10,19-20).

C’est l’Esprit qui nous conseille, mais nous devons faire de la place à l’Esprit, pour qu’il puisse nous conseiller. Et faire de la place, c’est prier : prier pour qu’il vienne et qu’il nous aide, toujours.

3. Comme tous les autres dons de l’Esprit, celui de conseil constitue aussi un trésor pour toute la communauté chrétienne. Le Seigneur ne nous parle pas seulement dans l’intimité de notre cœur, il nous parle, oui, mais pas seulement là, il nous parle aussi à travers la voix et le témoignage de nos frères. C’est vraiment un grand don de pouvoir rencontrer des hommes et des femmes de foi qui, surtout dans les passages plus compliqués et importants de notre vie, nous aident à faire la lumière dans notre cœur et à reconnaître la volonté du Seigneur !

Je me souviens, une fois, au sanctuaire de Luján, j’étais dans le confessionnal devant lequel il y avait une longue queue. Il y avait aussi un jeune garçon, très moderne, avec des boucles d’oreille, des tatouages, tout cela… Et il est venu me dire ce qui lui arrivait. C’était un gros problème, difficile. Et il m’a dit : « J’ai raconté tout ça à ma maman et ma maman m’a dit : va voir la Sainte Vierge et elle te dira ce que tu dois faire ». Voilà une femme qui avait le don de conseil. C’est cela, le don de conseil. Cette femme humble, simple, a donné le conseil le plus vrai à son fils. En effet, ce garçon m’a dit : « J’ai regardé la Vierge Marie et j’ai senti que je devais faire ceci, ceci et cela… ». Je n’ai pas eu besoin de parler, le jeune garçon et sa maman avaient déjà tout dit. C’est cela le don de conseil. Vous, les mamans qui avez ce don, demandez-le pour vos enfants ! Le don de conseiller ses enfants est un don de Dieu.

Chers amis, le psaume 16, que nous avons entendu, nous invite à prier avec ces paroles : « Je bénis le Seigneur qui me conseille : même la nuit mon cœur m'avertit. Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ; il est à ma droite : je suis inébranlable. » (vv.7-8). Que l’Esprit puisse toujours mettre cette certitude dans nos cœurs et nous combler ainsi de sa consolation et de sa paix ! Demandez sans cesse le don de conseil !

4 - Le don de Force

"Antidote à la paresse et au découragement"

Chers frères et sœurs, bonjour!


Dans les catéchèses précédentes, nous avons réfléchi aux trois premiers dons de l’Esprit-Saint : sagesse, intelligence et conseil. Aujourd’hui, pensons à ce que fait le Seigneur : il vient toujours nous soutenir dans notre faiblesse et il le fait par un don spécial : le don de force.

1. Il y a une parabole, racontée par Jésus, qui nous aide à saisir l’importance de ce don. Un semeur sort pour semer ; mais tout le grain qu’il jette ne porte pas toujours de fruit. Celui qui finit sur la route est mangé par les oiseaux ; celui qui tombe sur un terrain pierreux ou au milieu des ronces germe, mais il est rapidement desséché par le soleil ou étouffé par les épines. C’est seulement celui qui arrive sur la bonne terre qui peut pousser et porter du fruit (cf. Mc 4,3-9 ; Mt 13,3-9 ; Lc 8,4-8).

Comme Jésus lui-même l’explique à ses disciples, ce semeur représente le Père qui jette abondamment la semence de sa Parole. Mais la semence rencontre souvent l’aridité de notre cœur et, lorsqu’elle est accueillie, elle risque de rester stérile. Avec le don de force, en revanche, l’Esprit-Saint libère le terrain de notre cœur, le libère de la torpeur, des incertitudes et de toutes les craintes qui peuvent le freiner, de sorte que la Parole du Seigneur soit mise en pratique de façon authentique et joyeuse. C’est une véritable aide, ce don de force, il nous donne la force, il nous libère aussi de beaucoup de freins. 

2. Il y a aussi des moments difficiles et des situations extrêmes dans lesquels le don de force se manifeste d’une manière extraordinaire, exemplaire. C’est le cas des personnes qui doivent affronter des expériences particulièrement dures et douloureuses, qui impliquent leur vie et celle de leurs proches. L’Église resplendit du témoignage de tous ces frères et sœurs qui n’ont pas hésité à donner leur vie pour rester fidèles au Seigneur et à son Évangile.

Aujourd’hui aussi, dans bien des parties du monde, il ne manque pas de chrétiens qui continuent de célébrer leur foi et d’en témoigner avec une conviction et une sérénité profondes, et qui résistent même lorsqu’ils savent que cela peut coûter un prix plus élevé.

Nous aussi, nous tous, nous connaissons des personnes qui ont vécu des situations difficiles, beaucoup de souffrance. Mais pensons à ces hommes, à ces femmes qui mènent une vie difficile, qui luttent pour faire vivre leur famille, éduquer leurs enfants : ils font tout cela parce que l’Esprit de force les aide. Tous ces hommes et ces femmes – nous ne savons pas leur nom – qui honorent notre peuple, qui honorent notre Église parce qu’ils sont forts : forts pour mener leur vie, leur famille, leur travail, pour vivre leur foi. Ces frères et sœurs sont des saints, des saints au quotidien, des saints cachés parmi nous : ils ont précisément le don de force pour accomplir leur devoir en tant que personnes, leur devoir de pères, de mères, de frères, de sœurs, de citoyens. Ils sont très nombreux.

Remercions le Seigneur pour ces chrétiens dont la sainteté est cachée : c’est l’Esprit-Saint qui est en eux et qui les pousse. Cela nous fera du bien de penser à ces personnes. S’ils arrivent à faire tout cela, s’ils y arrivent, pourquoi pas moi ? Et cela nous fera aussi du bien de demander à l’Esprit-Saint le don de force.

Il ne faut pas penser que le don de force n’est nécessaire que dans certaines occasions ou situations particulières. Ce don doit constituer la note de fond de notre être de chrétien, dans l’ordinaire de notre vie quotidienne. Comme je l’ai dit, nous devons être forts tous les jours de notre vie, nous avons besoin de cette force pour mener notre vie, notre famille, pour vivre notre foi.

L’apôtre Paul a dit une phrase qui nous fera du bien : « Je puis tout en celui qui me rend fort » (Ph 4,13). Lorsque nous affrontons la vie ordinaire, lorsque surgissent des difficultés, souvenons-nous en : « Je puis tout en celui qui me rend fort ». Le Seigneur donne toujours la force, il ne nous en prive pas. Le Seigneur ne nous éprouve pas plus que ce nous pouvons le supporter. Il est toujours avec nous. « Je puis tout en celui qui me rend fort ».

Chers amis, nous pouvons parfois être tentés de nous laisser prendre par la paresse, ou pire, par le découragement, surtout face aux fatigues et aux épreuves de la vie. Dans ces cas-là, ne perdons pas courage, mais invoquons l’Esprit-Saint, pour qu’avec le don de force il puisse soulager notre cœur et communiquer à notre vie à la suite de Jésus une force et un enthousiasme nouveaux. Merci !

 

5 - Le don de Science

"La création n'est pas la propriété d'un petit nombre : Catéchèse du pape François sur le don de Science.


Chers frères et sœurs, bonjour !


Aujourd’hui, je voudrais mettre en lumière un autre don de l’Esprit-Saint, le don de science. Quand on parle de science, on pense immédiatement à la capacité de l’homme à toujours mieux connaître la réalité qui l’entoure et à découvrir les lois qui régissent la nature et l’univers. Mais la science qui vient de l’Esprit-Saint ne se limite pas à la connaissance humaine : c’est un don particulier, qui nous porte à saisir, à travers la création, la grandeur et l’amour de Dieu et sa relation profonde avec toutes les créatures.

1. Quand nos yeux sont éclairés par l’Esprit, ils s’ouvrent à la contemplation de Dieu dans la beauté de la nature et dans l’immensité du cosmos et nous poussent à découvrir comment tout nous parle de lui et de son amour. Tout ceci suscite en nous un grand étonnement et un sentiment profond de gratitude ! C’est aussi la sensation que nous éprouvons lorsque nous admirons une œuvre d’art ou toute autre merveille qui est le fruit de l’esprit et de la créativité de l’homme : devant tout cela, l’Esprit nous pousse à louer le Seigneur du fond du cœur et à reconnaître, en tout ce que nous avons et ce que nous sommes, un don inestimable de Dieu et un signe de son amour infini pour nous.

2. Le premier chapitre de la Genèse, au tout début de la Bible, met en évidence le fait que Dieu se complaît dans sa création, soulignant à plusieurs reprises la beauté et la bonté de toute chose.  À la fin de chaque jour, il est écrit : « Dieu vit que cela était bon » (1,12.18.21.25) : si Dieu voit que la création est bonne, est belle, nous aussi nous devons prendre cette attitude et voir que la création est bonne et belle. Voilà le don de science qui nous fait voir cette beauté. Par conséquent louons Dieu, remercions-le de nous avoir donné tant de beauté. Et quand Dieu a fini de créer l’homme, il n’est pas dit qu’il « vit que cela était bon », mais il est dit que cela était « très bon » (v. 31). Aux yeux de Dieu, nous sommes ce qu’il y a de plus beau, de plus grand et de meilleur dans la création : même les anges sont en-dessous de nous, nous sommes plus que les anges, comme nous l’avons entendu dans le livre des psaumes. Le Seigneur nous aime ! Nous devons l’en remercier.

Le don de science nous met en harmonie profonde avec le Créateur et nous fait participer à la limpidité de son regard et de son jugement. Et c’est dans cette perspective que nous parvenons à saisir dans l’homme et dans la femme le sommet de la création, comme l’accomplissement d’un dessein d’amour inscrit en chacun de nous et qui fait que nous nous reconnaissons comme frères et sœurs.

3. Tout ceci est un motif de sérénité et de paix et fait du chrétien un témoin joyeux de Dieu, sur les traces de saint François d’Assise et de tant de saints qui ont su louer et chanter leur amour à travers la contemplation du créé. Mais en même temps, le don de science nous aide à ne pas tomber dans certains comportements excessifs ou erronés.

Le premier réside dans le risque de se considérer propriétaire de la création. La création n’est pas une propriété à laquelle nous pouvons imposer nos lois selon notre bon vouloir ; et c’est encore moins la propriété de quelques-uns, d’un petit nombre : la création est un don, c’est un don merveilleux que Dieu nous a fait, pour que nous en prenions soin et que nous l’utilisions au profit de tous, toujours avec beaucoup de respect et de gratitude.

Le second comportement erroné se trouve dans la tentation de s’arrêter aux créatures, comme si elles pouvaient offrir la réponse à toutes nos attentes. Avec le don de science, l’Esprit nous aide à ne pas tomber dans cette erreur.

Mais je voudrais revenir à la première voie erronée : imposer ses lois à la création au lieu d’en prendre soin. Nous devons prendre soin de la création puisque c’est un don que le Seigneur nous a fait, c’est un cadeau de Dieu pour nous ; nous sommes les gardiens de la création. Quand nous exploitons la création, nous détruisons le signe de l’amour de Dieu. Détruire la création, c’est dire à Dieu : « cela ne me plaît pas ». Et cela, ce n’est pas bon : voilà le péché.

Prendre soin de la création, c’est précisément prendre soin du don de Dieu et c’est dire à Dieu : « Merci, je suis le gardien de la création, mais pour la faire progresser, jamais pour détruire ce don de ta part ». C’est le comportement que nous devons avoir à l’égard de la création : en prendre soin parce que si nous détruisons la création, la création nous détruira ! N’oubliez pas cela. Une fois, j’étais à la campagne et j’ai entendu une personne simple, qui aimait beaucoup les fleurs et qui s’en occupait. Elle m’a dit : « Nous devons prendre soin de ces belles choses que Dieu nous a données ; la création est pour nous afin que nous puissions bien en profiter ; ne pas l’exploiter, mais en prendre soin, parce que Dieu pardonne toujours, nous, les hommes, nous pardonnons parfois, mais la création ne pardonne jamais et si tu n’en prends pas soin, elle te détruira ».

Cela doit nous faire réfléchir et demander à l’Esprit-Saint le don de science pour bien comprendre que la création est le plus beau cadeau de Dieu. Il a fait toutes ces bonnes choses pour la meilleure d’entre elles qu’est la personne humaine.


A suivre la semaine prochaine....